Certains patients provoquent de nouvelles révélations en ce qui a trait à notre propre parcours avec le cancer. C’est l’effet qu’a eu sur moi une jeune femme de 21 ans. Sarah était une brillante étudiante en ingénierie. Malheureusement, le cancer semblait gagner. Toutefois, elle faisait de son mieux pour garder le contact avec ses compagnons d’étude. Ses amies venaient à l’hôpital et lui racontaient leurs séances de magasinage, leurs nouvelles chaussures et leurs préparatifs pour leur graduation prochaine. Clouée dans son petit lit d’hôpital, elle écoutait avec beaucoup d’intérêt. Mais dans son corps, une guerre faisait rage. Tristement, ses amies ne pouvaient compatir à une bataille qu’elles ne comprenaient pas. Et il devint très difficile pour elle, plus le temps passait, de leur parler du fait qu’elle livrait, après tout, un combat pour sa vie. Peu à peu, elle perdait même l’énergie de recevoir ses amis d’école. Ils ne partageaient tout simplement plus les mêmes buts, ni les mêmes rêves. Elle avait depuis longtemps abandonné le rêve d’obtenir son diplôme. Le combat pour sa vie était devenu son but ultime et absolu. Pour un jeune livrant un combat contre le cancer, il est difficile de savoir quoi dire à ses amis. Même si leurs amis leur démontrent tout l’amour et l’attention du monde, ceuxci n’ont tout simplement pas l’expérience de vie requise pour savoir comment approcher quelqu’un atteint d’une maladie aussi grave. Ce qui en découle est une solitude et un isolement qui deviennent une barrière majeure pour ce groupe atteint du cancer.

Dans le meilleur des cas, VOBOC agit comme un pont reliant ces jeunes isolés aux ressources et aux soutiens offerts par l’hôpital.

Sarah