L’histoire de Laura : Créer une chaîne de bonté

Ce qui suit raconte l’histoire d’une jeune femme diagnostiquée du cancer à l’âge de l’adolescence. Le récit relate son parcours et le profond impact du cancer dans sa vie. Aujourd’hui, tandis que cette remarquable jeune femme poursuit son combat contre la maladie, elle lance une invitation à la population pour l’aider à créer une chaîne de bonté en appui à VOBOC, un organisme de bienfaisance à Montréal qui l’a aidée, elle et tant d’autres adolescents et jeunes adultes atteints de cancer.  

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Je suis Laura Loebenberg. J’ai 20 ans et je suis honorée d’être la porte-parole de l’événement annuel de collecte de fonds de VOBOC, la Chasse aux trésors pour la vie.

Il y a cinq ans, j’étais une adolescente de 15 ans comme les autres : candide, intrépide, naïve, et bien sûr, invincible. J’étais une élève modèle de 3e secondaire, rien que des ‘A’. Je jouais du piano, ayant commencé à l’âge de trois ans. J’ai remporté plusieurs prix à des foires de sciences et lors de compétitions d’art oratoire. Mon rêve : être chirurgienne.

Les maux de tête ont commencé en novembre 2009. Pendant trois longs mois, mon médecin écartait mes craintes : « Les maux de tête sont fréquents chez les élèves performants, tu es trop stressée, ce sont tes règles qui te font sentir de la sorte », disait-il. Un jour en mars 2010, j’ai perdu la vue. Bien que cela n’a duré que quelques secondes, ce fut suffisant pour confirmer que quelque chose n’allait pas, vraiment pas.

Nous nous sommes rendus à l’hôpital et en quelques heures seulement, la nuit est tombée dans ma vie. Je me rappelle très bien le regard grave du médecin et sa voix chevrotante : « J’ai bien peur d’avoir de mauvaises nouvelles, les résultats ne sont pas très bons. » J’ai retenu mon souffle et j’ai essayé de ne pas pleurer. Il a poursuivi : « Le scan montre une tumeur au cerveau. » Les larmes ont coulé sur mon visage. C’était irréel. Juste là, à ce moment précis, mon monde s’écroulait.

Une rare tumeur de la taille d’une balle de baseball se trouvait dans mon cerveau. Il fallait opérer pour la retirer. Tandis qu’on m’amenait à la salle d’opération, j’ai fait mes adieux à mes parents, j’étais terrorisée de ne pas les revoir. Je n’étais qu’une enfant. Rien ne peut vous préparer à affronter une telle épreuve.

Intervention numéro un

L’intervention fut longue et difficile. J’ai subi un accident vasculaire cérébral. Mon ouïe, ma vue, mes fonctions motrices et ma mémoire ont beaucoup souffert du retrait de la tumeur. Ce n’est que lorsque je suis retournée à la maison que j’ai réalisé combien tout avait changé. Ma vie était réduite à néant. J’ai ressenti une perte de contrôle totale. Jamais je ne pourrais retourner à l’école. Le processus de rétablissement était ardu. Avant la maladie, j’obtenais des A sans y mettre beaucoup d’efforts; maintenant, j’ai peine à lire quelques phrases. Avant, j’étais indépendante, motivée et fière. Et là, j’étais dépendante, vulnérable et sans espoir.  Je devais travailler deux fois plus fort pour accomplir la moitié de ce que je faisais avant. Mon objectif d’obtenir un diplôme à l’école de médecine et devenir chirurgienne a été remplacé par des objectifs beaucoup plus modestes, comme être capable de marcher dans le quartier, lire une page d’un livre et effectuer des tâches quotidiennes simples de manière autonome.

Rien ne pouvait me préparer à ce qui m’attendait : intervention numéro deux et numéro trois

Quelques mois plus tard, je fus bouleversée d’apprendre que le scan annonçait le retour du cancer. Je devais subir une intervention d’urgence. Tout de suite après, j’ai commencé un traitement intensif de radiothérapie à dose élevée.  Mes longs cheveux noirs qui recouvraient mon dos jusqu’à la taille sont tombés. C’était traumatisant de voir mon image dans le miroir et de ne pas me reconnaître. La nouvelle ‘normalité’ consistait à vivre d’une séance d’IRM (scan du cerveau) à l’autre. Je me trouvais dans un état constant de peur, de tristesse et de désespoir.

En juillet 2013, je n’en croyais pas mes oreilles quand le chirurgien a dit qu’il fallait opérer à nouveau. J’ai entrepris des traitements de chimiothérapie peu après. Quelques mois plus tard, la chimio s’avérant inefficace, je me suis inscrite à un essai clinique et j’ai commencé un traitement expérimental. Un mois plus tard, mon corps me trahissait à nouveau. Le nouveau médicament ne fonctionnait pas.

Intervention numéro quatre

Une quatrième intervention en 2014 était la seule option, suivie d’une autre ronde de traitement intensif de radiothérapie et de deux types de chimiothérapie.

Au cours des cinq dernières années, j’ai été piquée à multiples reprises, j’ai été transportée, j’ai subi d’innombrables radiographies, des traitements de radiothérapie et de chimiothérapie, j’ai été opérée, et tellement plus encore. Je combats maintenant une série de symptômes notamment de l’inconfort, douleur et limites physiques. Chaque jour est un immense combat, physiquement et émotionnellement.

Être atteint de cancer quand on est adolescent est l’une des pires expériences d’isolement imaginables. Des membres de ma famille vivent en Israël. La plupart de mes amis sont partis chacun de leur côté pour vivre leur vie. Plusieurs ne téléphonent plus, ne textent plus ou ne me visitent plus. Mes quelques amies qui restent nouent de nouvelles relations, magasinent pour une robe de bal et parlent des garçons et de ce qui s’est passé pendant des fêtes d’amis. Pendant ce temps, j’apprends de nouveaux mots comme ‘résection’, ‘pathologie’, ’malignité’, et j’écris ’craniotomie’ comme événement à venir dans mon calendrier.

VOBOC brise le mur de l’isolement

Le cancer met votre vie sur ‘pause’. En 2009, lorsque tout mon univers s’est effondré, j’ai eu désespérément besoin de services de soutien. C’est à ce moment que j’ai croisé VOBOC. J’ai envoyé un courriel à Doreen Edward, la fondatrice de cet organisme de bienfaisance qui depuis 14 ans vient en aide aux adolescents et jeunes adultes atteints de cancer à Montréal. Notre conversation fut un moment marquant dans ma vie. Doreen me parlait avec tant d’amour, de bonté et de compassion. Quelques jours plus tard, un membre de l’équipe de VOBOC s’est présenté chez moi avec un sac à dos Vo-Pak, un sac rempli d’informations sur le cancer, de ressources pour accéder à des services de soutien, une trousse confort contenant des articles pour faciliter mes traitements et mes séjours à l’hôpital, des cartes-cadeaux pour mon restaurant préféré et des magasins, et même une séance de maquillage!

Durant mon hospitalisation durant les fêtes, j’ai reçu un immense panier de cadeaux de VOBOC, une attention qui a adouci un peu cette dure période. Au cours des années, VOBOC a toujours été là pour me donner du soutien, des ressources, des outils, offrir des sorties pour me divertir et me mettre en contact avec des groupes de gens qui vivent la même chose que moi et autres groupes qui participent à des séances de réflexion et des événements pour améliorer le bien-être des adolescents et jeunes adultes atteints de cancer.

Je suis très reconnaissante d’avoir toujours pu compter sur l’aide de l’équipe de VOBOC. Les membres bienveillants de VOBOC sont mes alliés. Ils s’informent constamment de mon état et sont toujours empressés de prendre soin de moi. Grâce à VOBOC, je ne me suis jamais sentie seule.

Je ne remercierai jamais assez les membres de VOBOC pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Je les admire et ils m’inspirent. J’ai rencontré de nombreux patients qui ont aussi bénéficié de l’aide de VOBOC et je m’assure de toujours parler de cet organisme aux autres jeunes patients atteints de cancer afin qu’ils puissent profiter de toutes les merveilles offertes par VOBOC. Mon but est d’assurer que d’autres jeunes patients atteints de cancer, comme moi,  ne se sentent jamais seuls!

Une chaîne de bonté

Je souhaite créer une chaîne de bonté. VOBOC a tellement donné, à moi et à mes amis. Je vous demande aujourd’hui d’ajouter un maillon à notre chaîne de bonté.  Donnez en appui à l’événement de collecte de fonds de VOBOC,  la Chasse aux trésors pour la vie, en participant, en faisant un don, du bénévolat, et en passant le mot. Ajoutons des maillons encore et encore afin que notre chaîne de bonté s’étende à l’infini. C’est important  – VOBOC ne peut exister sans votre appui financier!

Pour m’appuyer et appuyer ma famille lors de notre participation à la Chasse aux trésors pour la vie de VOBOC le 23 mai, rendez-vous à la page de collecte de fonds Team COURAGE FOR LIFE sur CanaDon à www.bit.ly/courageforlife

Team Courage for Life – Donnez maintenant!

 Merci!

Laura Loebenberg

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Pour en savoir plus et pour vous inscrire à la Chasse aux trésors pour la vie de VOBOC, rendez-vous à https://voboc.org ou communiquez avec VOBOC au 514 695-9292.

Laura Loebenberg