L´un de mes souvenirs les plus mémorables de VOBOC est aussi l´un des plus récents.

En l’an 2000, tout juste après notre mariage, mon mari Andrew apprenait qu’il avait un lymphome. Il n’avait alors que 31 ans, et moi, 27. Nous venions à peine d´emménager dans notre appartement. Nous avions fêté notre premier Noël en tant que mari et femme. Nous anticipions avec joie une longue vie à deux lorsque notre monde s´est soudainement écroulé.

Dans les mois qui ont suivi, nous avons passé des semaines entières à l’hôpital. C’était devenu notre nouvelle demeure. Nous ne comptions plus les visites de médecins et d´infirmières à toute heure du jour et de la nuit dans cette chambre munie d´un lit simple et d´un petit lit de camp en retrait.

De la fenêtre de la chambre d´Andrew, nous regardions les saisons passer pendant qu´il se demandait s´il en verrait même la prochaine. Les visites de nos amis nous rappelaient qu´en dehors de l’hôpital, la vie continuait de filer à toute allure alors que la nôtre n’avançait plus. Le temps était suspendu et nous retenions notre souffle.

Je me souviens du soir où Andrew me raconta qu´il avait reçu plus tôt la visite d´une dame bénévole. Il l´appelait « craft lady ». J´allais moi aussi bientôt faire la connaissance de Doreen Edward, surnommée « the craft lady». Elle était exactement comme Andrew me l´avait décrite: pleine de vie, d’énergie, drôle et compréhensive. Sa propre bataille contre le
cancer nous donnait espoir. Ses visites étaient d´un grand réconfort et nous laissaient toujours dans un meilleur état d´esprit. Tout au long des mois suivants, elle allait devenir notre « escouade de réconfort» par excellence. Surtout, elle devenait une amie très chère.

Lors d´un de ces moments trop rares où Andrew n´était pas à l´hôpital, nous sommes retournés chez ses parents pour la fin de semaine. Il n´y avait aucune visite de médecins ou d´infirmières. Personne ne venait au beau milieu de la nuit pour une prise de sang ou une injection. Enfin, un moment de paix!

Peu de temps après notre retour à la maison, j’ai reçu un appel. C´était Doreen. Elle s´empressa de m´expliquer que nous venions de gagner une fin de semaine dans un chalet tout près. Elle en avait réglé tous les détails, les formalités, la préparation de la nourriture, le transport par bateau, etc… Tout ce qu´il nous fallait faire était d´accepter. Nous n´avions à nous soucier de rien. De toute façon, nous n´en n´avions pas la force. Elle semblait deviner exactement ce dont nous avions réellement besoin.

Déjà que la vie à la campagne avait marqué de grands pans de nos vies, nous ne pouvions imaginer une meilleure façon de passer une nuit paisible. Confortablement assis sur le divan, nous avons admiré par la grande fenêtre le reflet des étoiles et de la lune sur l’eau.

Pendant des heures, nous avons élaboré des plans pour le chalet que nous aurions nous-mêmes un jour. C’était la première fois depuis des mois que nous pouvions enfin passer une soirée tranquille en tête à tête et ce, sans la moindre interruption. C’était aussi la première fois qu´une soirée n´était pas assombrie par nos pensées et nos conversations à propos de la tumeur. Pour un bref moment d´éternité, nous pouvions voir au-delà du cancer et loin de toutes nos considérations et nos peurs.

Voilà ce que VOBOC et ses nombreux bénévoles font de mieux. Ils prennent des vies qui ont basculé par la maladie et, pour un moment à la fois, vous rappellent qu´il y a beaucoup plus en vous et beaucoup plus dans votre vie que le cancer.
Ces moments vous donnent de la force, à vous et à votre famille.

Pour tous ces moments, je leur serai éternellement reconnaissante.

Merci à Doreen et à l´équipe de VOBOC.
Andréa Labrosse Schell

Andrea Et Andrew